(La version française suit ci-bas)
We have been disturbed by what we perceive to be a lack of attention to the environment during this election campaign. While it’s clear the public accepts that global warming is a threat, it seems people have simply no idea how serious this issue is. Global warming is without a doubt the defining issue of our time, and we cannot let economic turmoil in the USA dissuade us from addressing the problem. Dealing with the environment means dealing with economics in a sustainable way.
Global warming is a problem that must be dealt with now, before it’s too late. Any further delay will only increase the risks of damage and costs of action. The world needs to start down a path of greenhouse gas reduction to avert the most serious consequences of global warming. Many may not realize that even if we immediately stabilized atmospheric greenhouse gases at current levels, the Arctic would still go ice free in the summer, between 10% and 25% of the world’s species would still be committed to extinction, and weather will continue to become more extreme. We have as much warming in store over the next few decades as has already transpired since preindustrial times when the Thames River in England used to periodically freeze over. Why is this so?
Let’s suppose you place a pot of room-temperature water on the stove and then turn the element on. Does the water immediately boil? Of course not; it takes time for it to heat up and eventually boil. Even if you turn the element down a bit, the water continues to warm. The only way to stop the water from boiling is to turn the element way down or off. But even then, the water doesn’t cool to room temperature immediately. It slowly loses its heat to the surrounding air. It’s the same with the climate system. When you add greenhouse gases to the atmosphere, it takes a while for the oceans to warm up and heat the climate system; even if you stop emitting greenhouse gases completely, it also takes a very long time for the oceans to cool down.
We are at a critical juncture in Canadian history. The 14th United Nations Conference of Parties (COP14) to the Climate Change Convention will be held in December in Poland and COP15 will follow next December in Copenhagen. It is at this latter meeting that a post-Kyoto global warming treaty will be proposed. It is absolutely critical that Canada play a constructive role in negotiations leading up to this event.
In the last two years, Canada has obstructed international efforts designed to develop policies to deal with global warming. At the 2007 Commonwealth Heads of Government Meeting in Uganda, Canada scuttled attempts aimed at getting consensus on a strongly worded commitment to greenhouse gas reduction. At the United Nations meeting in Bali in December 2007, Canada was an international embarrassment, winning a record total of fourteen not-so-flattering Fossil of the Day awards given by the international organization Avaaz.org to the countries who did the most to block progress. Canada resisted all attempts to include specific reference to reduction targets by 2020 proposed by the European Union and others. Our country also blocked efforts to include language calling for global emissions to peak in ten to fifteen years.
So how do Canada’s current policies look? The current government’s plan focuses on emission-intensity not emissions reductions. Reducing emission-intensity means that you continue to pollute, but do so more efficiently. For example, as part of the plan the oil sands sector will be required to reduce its emissions intensity by 2020. But oil sands production could quadruple by that time. The overall net effect of the federal regulation would be to allow a tripling or more of greenhouse gas emissions from the oil sands sector by 2017, and possible continued increases after that. Frankly, no matter how you try to spin it, that is not a reduction.
Economists around the world agree. There is only one way to deal with global warming. And that is to put a price on emissions. This can be done through either a carbon tax, a cap and trade system, or both.
The carbon tax provides price certainty, is easier to implement, more transparent, easy to make revenue-neutral and less open to abuse. Cap and trade systems require self-regulation and reporting, cumbersome bureaucracy to administer and take a long time to implement while details, such as credit for early action, process of awarding emissions permits, and reporting requirements get worked out.
In both cases the price is passed on to the consumer through an increase in the price of carbon-intensive products. In the carbon tax case the consumer sees what price is added whereas it is obscured in the cap and trade system.
It is disingenuous to claim on the one hand that the carbon tax will cause an economic disaster and on the other hand advocate for a cap and trade system. They are equivalent economic instruments that have the same effect of pricing emissions. Ordinary Canadians deserve to be told this and not have the issue obscured in political rhetoric.
On the other hand, perhaps Canadians have
decided that we owe nothing to future generations and that we don’t care about
the future of modern civilisation. We, the undersigned, think we do care. In
2008, we urge Canadians to vote strategically for the environment.
Click here for a full list of signatories
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Nous sommes préoccupés par ce que nous considérons être un manque d’attention aux
questions
environnementales durant cette campagne électorale. Bien que le public
reconnaisse la menace des changements climatiques, il semble que bien des gens ne
réalisent pas la gravité de la situation. Le changement climatique est
clairement la grande question du moment, et nous ne pouvons pas laisser l’actuelle
tourmente économique américaine nous empêcher de nous attaquer à la question. Se
préoccuper de l’environnement c’est se préoccuper de l’économie d’une façon
durable.
Il faut s’occuper du problème du réchauffement climatique maintenant, avant qu’il ne soit trop tard. Chaque année perdue augmente les risques de dégâts et les coûts de réparation. La planète doit commencer à réduire les émissions de gaz à effet de serre pour empêcher les effets les plus graves du réchauffement. N’oublions pas que même en stabilisant immédiatement les concentrations atmosphériques de gaz à effet de serre à leur niveau actuel, la calotte glaciaire arctique serait toujours condamnée à disparaitre en été, de 10% à 15% des espèces seraient toujours vouées à l’extinction, et la fréquence des événements météorologiques extrêmes continuerait d’augmenter. Le potentiel de réchauffement accumulé pour les prochaines décennies est aussi grand que celui déjà réalisé depuis l’époque préindustrielle, quand la Seine à Paris gelait périodiquement en hiver. Pourquoi en est-il ainsi?
Mettez une
casserole d’eau sur la cuisinière et allumez l’élément chauffant. Est-ce que
l’eau bout instantanément? Non, il faut du temps pour la réchauffer puis la
faire bouillir. Inversement, si vous baissez un peu le feu, l’eau continue de
se réchauffer. La seule façon d’empêcher l’eau de bouillir est de vraiment
beaucoup baisser le feu ou de l’éteindre. Mais l’eau ne reviendra pas immédiatement
à la température de la pièce. Elle perdra tout doucement sa chaleur dans l’air
ambiant. Le même phénomène d’inertie existe avec le système climatique. Quand
on ajoute des gaz à effet de serre dans l’atmosphère, il faut beaucoup de temps
aux océans pour se réchauffer puis transférer leur chaleur aux masses d’air. De
la même façon, si on arrêtait complètement d’émettre des gaz à effet de serre,
il faudrait beaucoup de temps pour que les océans se refroidissent.
Nous sommes
à un point critique de l’histoire canadienne. La 14ème conférence
des parties à la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques
se tiendra en décembre en Pologne et la 15ème conférence suivra un
an plus tard à Copenhague. C’est à cette dernière réunion qu’un traité « post-Kyoto »
sera proposé. Il est absolument critique que le Canada joue un rôle positif
dans les négociations qui conduiront à cet événement.
Depuis deux
ans, le Canada fait obstruction aux efforts internationaux visant à développer
des politiques pour faire face au changement climatique. À la réunion des chefs
de gouvernement du Commonwealth de 2007 en Ouganda, le Canada a torpillé les
tentatives de consensus sur un fort engagement de réduction des gaz à effet de
serre. À la réunion des Nations unies de Bali de décembre 2007, le Canada est
devenu une honte internationale en recevant de l’organisation Avaaz.org un
nombre record de 14 trophées « Fossile du jour », décernés aux pays
ayant fait le plus pour bloquer l’avancée des négociations. Le Canada a résisté
à toutes les tentatives de l’Union Européenne et des autres pays pour fixer des
cibles de réduction dès 2020. Notre pays a aussi bloqué les efforts pour
inclure toute mention à un pic global d’émissions dans 10 ou 15 ans.
Quelles
sont les politiques actuelles au Canada? Le plan du gouvernement se concentre
sur l’intensité des émissions, pas sur la réduction des émissions. Réduire
l’intensité des émissions, c’est continuer de polluer, mais de façon plus
efficace. Par exemple, selon ce plan le secteur des sables bitumineux devra
réduire l’intensité de ses émissions de 23% d’ici à 2020. Mais la production des
sables bitumineux devrait quadrupler durant cette période. L’effet net de la
politique fédérale sera donc de permettre aux émissions de gaz à effet de serre
du secteur des sables bitumineux d’être multipliées par trois, voire plus,
d’ici 2017, et elles pourraient continuer d’augmenter par la suite.
Honnêtement, quelque-soit la façon de présenter les choses, on est loin des
réductions.
Les
économistes de partout sont d’accord. Il n’y a qu’une façon de contrer le
réchauffement climatique, c’est de mettre un prix sur les émissions. Ceci peut
se faire par une taxe sur le carbone, par une bourse du carbone, ou par les
deux.
La taxe sur
le carbone offre une certitude sur les prix, est plus facile à mettre en place,
est plus transparente, est facile à rendre fiscalement neutre et est moins
sujette aux abus. Les bourses du carbone nécessitent une autorégulation et des présentations
de rapports, une importante bureaucratie administrative, et demandent du temps
pour mettre en place les crédits pour des mesures d’action précoce, les
processus de demandes de permis et les exigences de présentation de rapport.
Dans les
deux cas les coûts sont transférés aux consommateurs sous forme d’augmentation
du prix des produits à forte intensité carbonique. Dans le cas de la taxe sur
le carbone, le consommateur voit combien est ajouté au prix de départ, mais pas
dans le cas d’une bourse du carbone. Aussi, la neutralité fiscale est plus
facile à assurer dans le premier cas que dans le second.
Il est
malhonnête de prétendre d’un côté qu’une taxe sur le carbone va “fourrer le
monde” et d’un autre côté de faire la promotion d’une bourse du carbone. Ce
sont deux instruments économiques équivalents qui ont le même effet de mettre un
prix sur les émissions. Ceci doit être dit aux citoyens canadiens plutôt que
d’obscurcir le débat par des tactiques politiciennes.
Mais
peut-être que les canadiens ont décidé que nous ne devions rien aux prochaines générations
et que nous n’avions que faire du futur de notre civilisation moderne. Nous
soussignés avons l’avenir à cœur. En 2008, nous appelons les canadiens à voter
stratégiquement pour l’environnement.